Ancrages 3

  • 11 janvier 2017

Migrations

Vivre à tout prix, crier son envie de vivre, exploser de tout pour vivre
dans un ailleurs qui ne peut que promettre
la vie possible de soi
Le ventre voit l’immense
en appétit gargantuesque du droit d’exister
autrement
avec les autres
d’autres
à sa faim
dans une différence malicieuse
qui crée les étincelles les étoiles
les aplats rugueux
les errances
les trous noirs d’où sort l’argile rouge d’Adam
se perdre et renaître
dans la boue l’air frais
se découvrir inventeur balayeur
nudité vulnérable
quand le souvenir aigre-doux
des racines donne le vertige
Le manque à en vomir de ce qui est là-bas
dans la fidélité l’amour l’attente là-bas
dans l’amer l’oubli le silence là-bas
Malaxer les milliards de mots pour expliquer l’indicible
raison de rester dans le nouveau érodé par l’ici d’ici
la main ne lâche pas le fil de l’ailleurs
et les rêves le jour la nuit jouent
avec la sirène
l’idée saugrenue culottée impossible merveilleuse écrasante
là ici
d’un chez soi
d’un ancrage un autre.